Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ma définition du flexitarisme

par Papillette 13 Mai 2014, 08:32

FLEXITARISME

Avant de définir le terme de flexitarisme, il convient de faire un distingo entre les différents régimes alimentaires actuels. Tout le monde sait que l'Homme est omnivore, c'est-à-dire qu'il mange de tout. Après à des degrés plus ou moins importants, celui-ci se nourrit (ou non) de produits carnés (la viande quoi !). 
 
On a donc les omnivores carnivores qui privilégient la viande comme aliment principal de leur alimentation, les omnivoresqui mangent viande et produits végétaux. Les flexitariens qui ont un régime alimentaire avec peu de produits carnés (volaille et poisson essentiellement) et beaucoup de produits végétaux. Les végétariens qui ont comme base alimentaire les végétaux mais qui n'excluent pas totalement les produits animaliers (oeufs, lait), les végétaliens qui ne mangent que des produits à base végétale et enfin les végan qui eux sont comme les végétaliens mais avec la particularité de ne pas introduire quoique ce soit d'animal dans leur vie (pas de cuir, pas de laine...).
Ma définition du flexitarisme

Pour en revenir au flexitarisme, dans la littérature,  la définition précise que les personnes flexitariennes sont des personnes fortement impliquées dans la protection de la planète qui ont également la volonté de manger sain (atout santé)


La protection de la cause animale est inclue dans leur implication environnementale. Ainsi, le flexitarien consomme peu de produits d'origine animale mais privilégie une alimentation saine (sans traitements additifs) qui fait la part belle aux produits végétaux (fruits, légumes, légumineuses, céréales) et surtout orientée développement durable. Il mange local, bio et de saison.

Ainsi, autant que faire ce peut, il ne consommera pas de soja comme apport de protéine (le soja est importé et parfois OGM). Il ne fait pas complètement abstraction des produits animaux mais choisira un bar de ligne péché en Bretagne à du colin d'Alaska. D'ailleurs, il ne mangera pas de thon ou de saumon pour des raisons de présence de métaux lourds dans les chairs ou encore par doute sur la provenance et l'alimentation des poissons d'élevage (à qui on donne des farines animales et des antibiotiques). Sensible à la cause animale, ses choix en produits d'origine animale se feront suivant une certaine éthique :  pas de maltraitance ou encore d'élevage intensif.

Mais l'idée n'est pas non plus de consommer bio à tout prix : entre des pommes bio venant de Belgique et des pommes naturelles (il a posé la question) du maraicher local, le flexitarien préférera les pommes locales tant que celles ci n'ont pas été copieusement aspergées de produits chimiques. Sinon, il passera son chemin. Ainsi il attendra 15 jours pour manger des fraises gariguettes plutôt que d'acheter des fraises bio en provenance du Chili. (Selon le WWF, un fruit importé hors saison par avion consomme entre 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit acheté en saison chez le primeur du coin.) A ce sujet, vous saviez qu'il y avait un producteur de kiwi bio en Loire atlantique?

Pour ma part, par exemple, je ne mange plus de haricots verts en boite. Pas parce que j'ai quelqu'objections contre les conserves, non juste parce que ceux-ci sont importés du Kenya ou du Burkina Faso (regardez le couvercle de vos boîtes c'est inscrit dessus) pas top au niveau de l'empreinte carbone.

Pour savoir quels sont les produits de saison, le site manger-bouger édite un
 calendrier dont le volet Printemps est présenté ci-après.
Ma définition du flexitarisme

De par le fait, le flexitarien a un budget alimentation assez élevé. En effet, consommer local et sain a un coût. Sa santé et l'environnement passent avant les économies budgétaires !

Contrairement aux idées reçues, il convient de préciser que les produits bio ou naturels ont exactement les mêmes propriétés et teneurs en vitamines et minéraux que les fruits et légumes bombardés d'insecticides et autres produits chimiques. Ils sont juste meilleurs gustativement et sanitairement.

 

Il convient de ne pas le confondre avec le végétarien qui lui ne mange pas de viande ni de poisson mais qui ne consomme pas forcément bio et qui n'a pas non plus forcément le souci de la proximité. Ce dernier prend en compte en premier lieu la cause animale avant la cause environnementale. Je ne dis pas que tous les végétariens s'en tapent de l'environnement, je dis juste que ce n'est pas leur préoccupation majeure. Il peut très bien acheter des girolles russes en saison ou des courgettes du Maroc hors saison sans que ça lui pose problème.

 

Pour résumer, le flexitarien est le casse-bonbon qui ne mange que des produits de saison achetés et transformés par lui-même et dont il connait la provenance (marché, AMAP, maraîcher du coin ou directement issu de son potager) (je force naturellement le trait).

 

 

 

 

OK, MAIS POURQUOI TU DIS QUE LA VIANDE C'EST MAUVAIS POUR LA PLANETE ?

Haha, je le savais que vous poseriez cette question ! Pour reprendre les termes d'un conférencier : "Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont principalement dues aux prouts des vaches !" Le méthane est en cause dans le procesus de rumination. Le méthane possède un pouvoir de réchauffement 25 fois plus élevé par unité de poids que celui du dioxyde de carbone. Bien que sa concentration dans l’atmosphère soit très inférieure à celle du CO2, le méthane contribue à environ 25% de l’effet de serre global. L’agriculture contribue pour environ 50% à l’ensemble des émissions mondiales de méthane. L'activité d'élevage bovin est responsable de 92 % de ces émissions de méthane agricole.

 

L'élevage de bovins reste quand même la principale source de GES; les chiffres sont éloquents (source planetoscope) :

 

  • La production d'1 kg de viande de veau rejette autant de GES qu'1 trajet en voiture de 220 km. Pour 1 kg de boeuf, cela correspond à 70 km.

  • En France, la consommation en viande cause la déforestation de 16 m² en Amazonie (l'alimentation animale est dépendante du soja et 74 % de ce soja provient du Brésil)

  • L'élevage intensif de bovins occupe 30% des surfaces émergées de la Terre et correspond à 18% des émissions mondiales des GES.

Les activité agricoles sont responsables du quart des émissions de GAS ( dont 1/3 est l'élevage dont l'essentiel est du aux émissions de méthane des bovins). Pour les autres élevages (ovins, porcs, volailles, lapins), les émissions GES sont moindres.


 


 

FLEXITARIEN AU QUOTIDIEN COMMENT CA SE PASSE ?

Ce n'est pas simple. Tant que je suis chez moi, je peux "contrôler" mon alimentation. Je sais ce que je mange. Par contre cela devient un peu plus difficile en famille ou chez des amis (je ne suis pas chiante, je mange ce que l'on me propose sans faire de commentaires ou pire avoir un discours moralisateur à mes hôtes). Au restaurant, n'en parlons même pas (je privilégie quand même les restau revendiquant une cuisine de marché).

Prenons l'épineux exemple de la cantine inter-entreprises. Certes ça à la qualité d'être pratique et de proposer de pouvoir manger un repas équilibré le midi. Mais ça à l'énorme désavantage de servir des produits hors saison (courgettes, tomates ou encore melon en hiver). De plus, du fait des prix toujours tirés vers le bas, l'origine des produits est loin d'être locale. Les légumes viennent rarement de chez le maraîcher du coin, ne parlons même pas de fruits dont j'évite le stand (pastèque et melon en HIVER ! ) et encore moins de la viande (la volaille ressemble a du plastic blanc).

 

Pour ma part, mon régime alimentaire est quand même très proche de celui d'un végétarien. Ce régime c'est peu à peu imposé à moi car je n'aime pas spécialement la viande mais aussi parce que j'ai un souci de protection de l'environnement fort. De même, j'aime savoir ce que je mange et me bourrer de saloperies (métaux lourds, antibio, reste d'hormones synthétiques et j'en passe) ne fait (vraiment) pas partie de mes priorités !

Je mange très peu de viande et de poisson (une fois par semaine maxi), parfois des oeufs et des crustacés. Je trouve lessources de protéines dans les fromages et les yaourts (de brebis principalement) et dans mon alimentation végétale (en savoir plus sur les sources végétales de protéines). Je fais des conserves l'été et je peux ainsi avoir ratatouilles, pêches ou encore abricots au coeur de l'hiver (si j'avais un congélateur, je congèlerais volontiers). Je fais mes confitures moi même (sans sucre tout prêt mais avec du sucre et du citron.) J'envisage d'acheter une yaourtière quand je serais installée à Niort (ainsi il n'y aura pas d'additif de protéines de lait ou encore d'arôme ou de colorant dans les yaourts parfumés). Je choisi un riz camarguais de préférence  et dans la majorité es cas des produits non ou peu raffinés. Bref, je fais attention au moindre détail (ne venez jamais faire les courses avec moi, ça me prend des plombes !)

Il est arrivé qu'on me pose la question du thé et du café. Je consomme thé et café bio et équitables. J'essaye comme tout produit importé de ne pas en abuser (rapport à l'empreinte carbone) mais je mange quand même des bananes ou de l'ananas en saison. Et j'ai la chance (?) de ne pas raffoler du chocolat !

Actuellement, je ne suis pas satisfaite, c'est très dur à Paris d'avoir ce régime alimentaire. L'accès au bio mais surtout au local est très difficile. En province (à Nantes par exemple), c'est bien plus simple.  



 

C'EST BIEN BEAU TOUT CA, MAIS A PART LA BOUFFE, TU T'EN COGNES DE L'ENVIRONNEMENT?

Alors non ! Certes je suis loin d'être irréprochable (j'ai encore énormément de mal à a voir une consommation raisonnée au niveau des vêtements - même si je regarde de plus en plus les chartes environnementales des enseignes d'habillement).
 

En tant que citadine habitant en appartement (donc dépendante de beaucoup de facteurs extérieurs), j'essaye pourtant d'appliquer les bonnes pratiques la majeure partie de mon temps (économiser l'eau, économiser l'électricité, favoriser les transports en commun, trier mes déchets (faire du compost si cela m'est possible), donner ou revendre et acheter d'occasion quand je le peux...). J'essaye également de n'acheter que ce dont j'ai besoin (ok parfois un peu de superflu).


 

EPILOGUE

La rédaction de cet article a été longue et plutôt ardue. En effet, en aucun cas, je ne veux passer pour une donneuse de leçons. Je souhaite juste partager ma vision de l'alimentation raisonnée et par la même occasion répondre à la question qu'on me pose parfois "mais t'es quoi si t'es pas végétarienne ?"


J'espère que cet article vous aura éclairé sur cette spécificité qu'est le flexitarisme ! 



 


Sites consultés pour rédiger cet article (en plus de ma propre expérience) :
Le Palais savant  : Le flexitarisme, l'alimentation durable pour tous
Encyclo ecolo : Flexitarien
Equiterre : Flexitarisme : miam !
Consoglobe : Nouvelle pratique : êtes vous flexitarien ?
Civam Bretagne : les gaz à effet de serre et bovins lait herbagers
Conservation Nature : Impacts de l'élevage sur l'environnement

commentaires

Nanie 15/05/2014 13:54

Alors là, un grand bravo pour cet article qui résume parfaitement le flexitarisme... et ce que je suis ! Je me reconnais parfaitement ! Je m'en vais de ce pas le partager sur ma page facebook "Tomate sans graines" ;)

Bibica 13/05/2014 17:25

Et bien bravo pour ton article qui ne m'a fait penser à aucun moment que tu es chiante, moralisatrice ou autre!!!
Je suis bien loin d'être flexitarienne mais je m'en raproche un peu plus de jour en jour.
En tout cas, ce billet m'a appris bien des choses et je t'en remercie!!
Bizz

Haut de page